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Archive for mai 19th, 2011

L’industrie, la Renaissance et le mielleux

19 mai

On nous prendrait pas pour des cons?

 

Je vais causer aujourd’hui d’un sujet qui me gonfle depuis longtemps: la couille-mollisation de la société de consommation. Si si, vous allez comprendre, je suis sûr que vous avez remarqué vous aussi.

Je vais découper ma plaidoirie en 3 étapes.

1) Le nom des sociétés

Air France, EDF, Schneider, Compagnie Générale des Eaux, Michelin, Crédit Agricole… tout le monde connait. Ces noms de sociétés ne sont pas choisis au hasard et ont une signification: cela peut être le patronyme du fondateur, ou l’activité principale de cette société. Bon. Jusque-là, tout va bien. Enfin, je dirais, jusque-là, tout allait bien. Parce que les années 2000 ont vu fleurir l’apparition ou la « rebaptisation » de sociétés à base de noms dans le plus pur style Renaissance, sans aucune signification ni imagination puisqu’il suffit la plupart du temps de mixer des voyelles prédéfinies (notamment a, i, é) avec des consonnes prédéfinies aussi (principalement v, n)  pour obtenir un nom bien dégoulinant de gentillesse mais sans aucun rapport avec la choucroute. Des exemples? Vivendi, Areva, Vinci, Veolia, Aventis, Alinéa, Novelia, Viadeo… je sais pas vous, mais perso, ça m’insupporte. Ça fait mielleux, et alors autant pour un cabinet de consultants en décoration ça passe, autant pour vendre du nucléaire ou benner des ordures, je me dit qu’on essaye de nous enfiler en douce en nous jetant de la gentillesse à la figure ce qui doit forcément cacher un côté obscur pas joli à voir.

 

2) Le nom commercial

On se promène au supermarché (si si, maintenant c’est devenu une promenade comme une autre) rayon bouffe. Soyons honnêtes, niveau alimentation, quoi de moins noble que des pâtes ou de la charcuterie? Quand on fabrique ces produits, comment faire pour se donner un genre, s’acheter une noblesse? Si pour un Français il suffit d’ajouter une particule devant son nom pour faire noble, pour la bouffe, il suffit de donner un prénom à la marque et le tour est joué! Panzani, c’est juste des pâtes, toutes bêtes. Mais « Giovanni Panzani », là, ça devient la classe, c’est toujours des pâtes industrielles, mais on disait qu’elles étaient nobles. En relevant les prix de 25% en passant. Pareil avec Charles Gervais, toujours fabriqué à la tonne dans les usines Danone, mais vendu deux fois plus cher, alors le péquin moyen a l’impression d’acheter ça à l’artisan du coin. Dommage, ça n’en a que l’emballage. D’ailleurs depuis la colossale fumisterie de l’Actimel, qui oserait encore accorder du crédit à Danone? Toujours dans les prénoms, on trouve aussi Rodolphe Lindt. Poulain a bien essayé aussi, mais à part Amélie, ils n’ont pas trouvé de prénom qui s’accordait bien. Alors ils ont ajouté une date, ancienne pour faire « traditionnel ». Du coup Poulain 1848 ça fait luxe. Enfin, c’est leur espoir. Je suis curieux de voir quel stratagème utilisera William Saurin pour donner du cachet à ses fayots.

 

3) L’infantilisation

D’après Wikipedia, « L’infantilisation est une attitude consistant à agir envers une personne comme envers un enfant qui serait incapable de se débrouiller seul ». Et c’est exactement ce que font beaucoup trop de boutiques virtuelles, qu’elles soient en ligne ou sur catalogue. Si, vous savez, quand toutes les actions que vous êtes susceptibles de mener sont intitulées avec « Je » ou « Mon »: « Je clique ici pour bénéficier d’une réduction » « Je choisis mon adresse de livraison », « Mon moyen de paiement »… quelle horreur, j’ai pas besoin qu’un site me parle comme à un débile, c’est trop demander que d’avoir des termes neutres et polis, utilisant l’infinitif ou le vouvoiement? « Cliquez ici pour bénéficier d’une réduction » ou « Accéder à votre compte client » c’est suffisamment clair, non? Et c’est quand même plus pro que « je clique ici et ensuite je fais ça et si j’ai bien tout fait j’aurai un bonbon », on a pas 5 ans bordel! Cette façon de s’adresser à ses clients est franchement injurieuse.

Mise à jour:

Voilà un exemple de ce qui me fait vomir

 

J'attends impatiemment mon bonbon!

 

 

Tout ceci mit bout à bout donne vraiment l’impression qu’on vit dans une société de débiles. Mais surtout, dans une société où l’on prend les gens pour des débiles. Moi je crois surtout qu’ils nous prennent pour des cons.

Le pire à mon sens c’est qu’un nom illustre comme Vinci soit aujourd’hui l’emblème d’une chaîne de parking, et ça, ça me gonfle dans de divines proportions.

 

 

Fuck les noms mielleux

 

 

 

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